Le vieillissement d'une maquette consiste, comme son nom l'indique, à lui donner un aspect usagé, pour plus de réalisme.
En effet, à moins de sortir d'usine ou d'un musée, les véhicules ne brillent pas de milles feux!
Traces d'échappements, éraflures, fuites d'huiles et autres traces du temps passé en combat seront reproduit au mieux pour plus de réalité.
Cela ce résume en 5 étapes:
Les jus
Le Dry-brush
Les éraillures
Les traces diverses
La Micro-peinture

Les jus

Les jus consistent à foncer les lignes de structures d'une maquette et par cela à lui donner du volume (profondeur) et à représenter la crasse qui s'y est accumulée.
Un jus n'est pas bien compliqué à concevoir mais il vous faudra bien prendre garde au point suivant pour ne pas voir la peinture de base se détériorer:
Si cette dernière est à l'huile (enamel) et donc diluée avec du White spirit ou de l'essence "F", votre jus devra absolument être à base de couleurs acryliques diluées à l'eau ou à l'alcool qui n'agresseront pas la couche de fond. Si la base est acrylique, appliquez le procédé inverse.
Ce point est très important parce qu'un jus contient beaucoup de diluant qui pourrait attaquer la peinture.
Ensuite, choisissez une couleur sombre (noir, brun), mélangez-la avec environ 80% de diluant (dans un mini récipient à part).
Utilisez un pinceau fin, posez la pointe de ce dernier dans les lignes de structure en creux, laissez le jus s'écouler et se répandre par capillarité.
Afin d'éviter la grosse tache, retirer le pinceau rapidement. Il vous faudra bien sûr adapter le pourcentage de diluant à l'effet désiré. Si le résultat ne vous plaît pas ou si le jus a un peu débordé, pas de problème, essuyez l'excès avec un chiffon (dans le sens de l'air).
Un jus peut bien entendu et même judicieusement être répandu dans d'autres interstices (par ex. dans le cockpit).
Surtout, ne vous énervez pas si vous ne parvenez pas à l'effet désiré au premier essai; J'ai connu quelques échecs avant d'y arriver.
Certaines maquettes n'ont pas les lignes de structures gravées en creux; dans ce cas, il vous faudra les graver, si vous en avez le courage! (voir ici).
Finalement, vous pouvez aussi utiliser des huiles de peintre, qui sèchent très rapidement.

Le dry-brush

Le dry-brush, ou brossage à sec, permet également de donner du volume (relief) à la maquette mais cette fois-ci en pratiquant inversement (jus et dry-brush sont complémentaires).
On va ici éclaircir les reliefs des pièces et vous pourrez, par exemple, rendre visible les petits détails du fond de votre cockpit.
Utilisez un pinceau plat (brosse) de préférence usagé (le dry-brush malmène les pinceaux).
Mélangez la couleur de base à une pointe de blanc (éclaircir) ou utilisez de l'aluminium (vieillir) et mettez-en sur votre pinceau.
Essuyez-le ensuite avec un chiffon jusqu'à ce qu'il ne reste presque plus rien (tester sur l'ongle).
Passez-le alors sur les reliefs (arêtes) à plusieurs reprises et sans trop appuyer, jusqu'au résultat souhaité.
Il vaut mieux ne pas en mettre trop et recommencer.
Cette technique requiert patience et habitude.

Les éraillures

Les avions (militaires) sont régulièrement griffés et usés aux endroits soumis aux chocs (bords d'attaques) et à la maintenance (trappes) ce qui endommage l'appareil jusqu'à laisser apparaître la carcasse.
Il faudra cependant faire bien attention à ne pas érailler un avion bien entretenu ou récent (Eurofighter) ainsi qu'un avion en bois et entoilé!!! (Vous pouvez érailler ce dernier, toutefois, vérifiez la concordance des teintes.)
En règle générale, je les peins au préalable en aluminium à l'aéro ou au spray. Ensuite, je peins le camouflage à l'aéro et enfin je les éraille. Pour cela, soit je gratte les endroits désirés avec un cutter, soit j'applique du ruban adhésif sur les surfaces choisies et je l'arrache (avions japonais surtout) ce qui arrachera des petits bouts de camouflage. Cette dernière technique à toutefois un inconvénient, les éraillures seront très réalistes parce qu'aléatoire mais le résultat pourra également être désastreux si l'adhésif arrache un gros morceau du camouflage. Il faudra, pour éviter cela, préparer l'adhésif en le collant et décollant plusieurs fois avant de l'appliquer sur la maquette. Le même problème apparaît quand vous masquez votre maquette pour peindre le camouflage.
Une autre façon de pratiquer mais que j'utilise rarement est de réaliser les éraillures directement au pinceau fin.
Elle permet d'éviter le phénomène pré-cité mais a le gros inconvénient à mon goût de ne pas être très réalistes parce que non-aléatoire.
Avec de l'entraînement vous pourrez tout de même parvenir à de bon résultat, toutefois uniquement sur de petites surfaces.
Un autre désavantage réside dans le fait que de la peinture est ajoutée alors qu'elle devrait être arrachée, griffée.

Traces diverses

Il vous faudra aussi représenter les traces de souillures d'huile, d'échappements, de fumées de mitrailleuses et autres, etc.
Cela selon les goûts mais avec modération et si possible avec de la documentation. Vous pouvez réaliser ces traces de diverses façons; voici celles que je connais:
-simplement au pinceau: c'est possible mais il est difficile d'être réaliste, il faut être très habile.
-au coton tige: un peu mieux qu'au pinceau parce que les traces seront légèrement plus floues.
-poudre de graphite (mine de crayon): pour les fumées de canons, c'est très réaliste mais difficile à appliquer correctement et je n'ai malheureusement pas encore trouvé de techniques fiables. Vous pouvez également frotter l'armement avec cette poudre, ce qui leur donnera un aspect métal brûlé très réaliste.
-poudre de pastel: ne connaissant pas bien cette méthode, je vais vous en parler ici.
-à l'aérographe: c'est à mon avis la meilleure façon de réaliser des traces (essentiel pour les traces d'échappements), mais il faut avoir un aéro double action.

Micro-peinture

La micropeinture est en fait une technique utilisée par les maquettistes de chars d'assauts.
Elle consiste, par petites touches de différentes teintes justement appliquées, à donner un effet abîmé, rouillé et corrodé aux pièces.
Mais vous pouvez bien évidement utiliser cette technique à d'autres fins. Premièrement, ce qui est valable pour toutes pièces peintes au pinceau, ayez toujours un appui lorsque vous peignez; que ce soit un ou plusieurs doigts, le côté de la main, etc.
Il ne faut en aucun cas avoir la main dans le vide si vous ne voulez pas trembler, seuls les doigts doivent bouger.
Prenez un pinceau ultra-fin et de bonne qualité et trempez le bout dans la peinture désirée (soyez logique pour la couleur).
Appliquez-la sur les arêtes des pièces et sur les endroits soumis au choc.
Utilisez des photos pour savoir qu'elles sont les surfaces à traiter et surtout, n'exagérez pas!!!

 

Sources: Crazy Diorama

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